Grave, le film de genre ovationné par la critique

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Le 15 mars dernier sortait dans les salles un film de genre qui a fait un véritable buzz médiatique : Grave. Cette production franco-belge réalisée par Julia Ducournau a reçu un grand nombre de récompenses notamment au Festival de Cannes (2016) et au Festival International du Film Fantastique de Gérardmer (2017).

C’est l’histoire de Justine, 16 ans, issue d’une famille de vétérinaires et végétariens. Cette jeune surdouée intègre l’école vétérinaire de Liège, où sa sœur aînée est également élève. Mais à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. Elle est alors forcée de manger de la viande crue (un rein de lapin pour être exacte, bon appétit). D’abord dégoûtée, Justine finit par devenir fascinée par la viande sanglante et développe une obsession particulière…

Il est clair que ce film ne fera pas l’unanimité. Il s’agit plus d’un film gore que d’un film d’horreur, donc il faut le voir en connaissance de cause. Cela dit, ce n’est pas du gore pour du gore, les scènes sont toujours justifiées et permettent le développement de l’histoire et des personnages. Encore plus étonnant, je m’attendais à voir un film grave et sérieux du début à la fin, mais il y a plusieurs passages poussant les spectateurs à rire. Je m’explique. Certains moments sont tellement absurdes ou dérangeants qu’ils poussent au malaise. Et qu’est-ce qu’on fait dans ce cas-là ? On rigole. C’est l’effet attendu, et ça fonctionne parfaitement. Mais contrairement à ce que disent certaines critiques, ne pensez pas que Grave est une comédie. Seul bémol à mentionner : la fin est un peu prévisible. Il y a des indices dès le début du film, néanmoins cela ne gâche en rien le déroulement de l’histoire et le plot twist final.

Côté technique, il n’y a rien à redire. Chaque choix n’est pas là par hasard. La réalisatrice privilégie les grands-angles pour représenter des grands espaces vides et perdus. L’étalonnage des couleurs est tantôt très réaliste, tantôt à dominante rouge, en accord avec le sang qui revient durant tout le film. De plus, certaines scènes s’apparentent étrangement à du théâtre ou de la danse moderne. Bref, au niveau visuel, on ne s’ennuie pas un seul instant ! Le choix de la musique est également motivé. Le thème au clavecin composé pour le film est intrigant et captivant et nous avons l’occasion de redécouvrir des tubes tels que Despair, Hangover & Ecstasy de The Dø.

Garance Marillier, l’actrice principale, assure particulièrement bien le rôle de son tout premier long métrage. Celle-ci parvient à symboliser à la fois une grande innocence et une extrême violence. L’évolution de son personnage est certes un peu rapide, mais sa crédibilité n’est pas remise en question.

Pour finir, je pense qu’il est important de noter que ce film n’a pas eu une grande distribution. Seulement 102 salles en France. J’ai donc dû me battre pour trouver un cinéma qui le projetait encore 2 semaines après sa sortie ! Les films d’horreur français ont en effet beaucoup moins de succès et de visibilité que la majorité des comédies…