Nekfeu, Drag-Queens et enjeux politiques pour un festival au couleur d’espoir

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    Samedi dernier se tenait à Paris le premier BAAM festival, dédié à la défense et à la protection de la cause migratoire. Le Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants (BAAM) proposait une des dernières célébrations de l’été au coeur de la banlieue parisienne. Au total, c’est 5001 personnes qui se sont retrouvées dans une ambiance bon enfant, mêlant musique, tolérance et enjeux sociaux. Retour sur cette première édition, assez surprenante…

    Drag-Queens @laureplayoust

    Il est 14h00 quand les Docks de Paris, situés en Seine-Saint-Denis, ouvrent leurs portes. Déjà de nombreux festivaliers s’étaient donnés rendez-vous avant l’ouverture de celles-ci. Il faut avouer que l’affiche était assez éclectique ; si la plupart des invités étaient essentiellement des rappeurs tels que Nekfeu, Roméo Elvis ou encore Youssoupha, on pouvait retrouver également des artistes tels que L.E.J et Jain.Dans l’enceinte du festival, aucun doute, nous sommes bien dans un concept humanitaire. Trois scènes, des stands d’informations et des « food truck » géré par d’anciens ou d’actuels demandeurs d’asiles ; c’est sûr, ce festival n’a rien de banal. Des conférences/débats sont organisées tout au long de l’après-midi et des « Drag Queen » présentent les artistes ou proposent des prestations à la fois drôle et spectaculaire.

    Mais comment ce concept a-t-il vu le jour en moins d’un an ? Héloïse Mary, présidente de l’association, confie que « chaque année, le BAAM organise tous les 13 juillet un bal des migrants. Mais année après année, on s’est rendu compte que nous avions des Line-Up de plus en plus importants et que pleins d’artistes se proposaient. Alors on s’est dit : faisons quelques choses de tout ça ? Faisons quelques choses de toutes ces volontés de bien faire et donc, pourquoi ne pas monter un festival… ». Et le lieu était déjà tout trouvé : la banlieue ! Pourquoi ? Tout simplement car les premières personnes touchées par les lois liberticides, par exemple, les caméras thermiques ; ce sont les migrants ou les quartiers populaires. Un pari risqué mais réussi ; car, en peu de temps, l’intégralité des places ont été vendues.

    Nekfeu @laureplayoust

    Par ailleurs, il faut avouer que le succès du festival résidait également en son parrain ; NEKFEU. En effet, le rappeur est un peu à l’origine du projet. Celui-ci propose aux militants associatifs du BAAM de créer un festival, qui serait le reflet de ce qu’ils font d’habitude. C’est grâce à son implication et à son carnet d’adresses (bien rempli) qu’il est un peu devenu le parrain du festival. C’est donc une vraie collaboration entre l’association et celui que l’on ne présente plus. Vous pouvez retrouver son interview exclusive ici.

    Une question migratoire qui élargit les horizons…

    Si le nom de ce festival est le « BAAM Migrants Festival », l’association ne s’arrête pas uniquement à l’aide des demandeurs d’asiles. En effet, Héloïse nous explique que « la question migratoire est au centre de plein d’autres questions. Par exemple, de nombreux migrants sont LGBTQI ; quand on parle de justice climatique, les premiers touchés, ce sont les migrants. Pareil pour les violences policières et les questions féministes ». Tout cela amène donc bien vite à des stéréotypes, et l’association s’est donné pour missions de lutter contre ces clichés. On pouvait retrouver également sur le site des stands d’informations sur les différents pôles d’actions du BAAM mais également la présence de « Drag Queen » tout au long du festival, participant ainsi aux débats, shows et animations.

    La journée se déroule sans encombre et les nombreuses personnes rencontrées sont enchantées de ce festival. Si la tête d’affiche termine quelques minutes après minuit, le festival, lui, se clôturera à 6h du matin. Une longue journée donc pour tous les organisateurs et les bénévoles qui sont venus en nombre pour rendre possible cette première édition. En attendant, l’association réussi son pari, créer un festival convivial tout en arrivant à faire changer les mentalités ; ou du moins, à en comprendre les nombreux enjeux sociaux. On a qu’une hâte : espérer une deuxième édition en 2020.

    Foule sur la scène justice du BAAM festival @laureplayoust
    On a aimé :
    • La présence de « Drag Queen » dans un festival composé en majorité de public fan de musique urbaine, le tout dans un esprit d’ouverture et de tolérance.
    • Les concerts de manières générales, bien repartis tout au long de la soirée.
    • Le show des « 12 travelos d’Hercule ».
    • La reprise de l’hymne du BAAM (« Ma philosophie » d’Amel Bent) juste avant le concert du parrain du festival, Nekfeu.
    On a moins aimé :
    • L’acoustique pas toujours très bien réglée.
    • Le système Cashless et les bars positionnés à des endroits « gênants ».
    • Le côté assez étroit du festival.