La décima à Monte-Carlo pour Rafa

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Court Rainier II, terrain de tennis en brique pillée. Surplombant la mer.

La semaine dernière, tous les tennismans avaient rendez-vous à Monte-Carlo, sur le court Rainier II, pour le premier tournoi sur terre battue de l’année. Hormis, Roger Federer, qui a décidé de ne pas jouer la saison sur terre battue, à part peut-être Roland-Garros, pour préserver son corps en vue de Wimbledon. Tous les plus grands s’étaient donné rendez-vous même si de nombreuses questions planaient au-dessus des meilleurs mondiaux. Murray et Djokovic seront-ils de retour? Nadal peut-il faire la décima? La nouvelle génération va-t-elle enfin percer pour de bon?  

Murray et Djokovic reçus 0 sur 5 

La descente aux enfers semble continuer pour les numéros un et deux mondiaux. Ce premier tournoi sur la terre battue ne leur aura pas permis de nous prouver qu’ils étaient de retour. Un tournoi difficile pour les deux joueurs qui n’auront pas réussi à trouver les solutions. Ces solutions qui paraissaient tellement faciles à la fin de l’année passée, mais qui semblent si compliquées en cette nouvelle année. L’intensité, le rythme et la force mentale qui font d’eux de grands champions semblent les avoir quittées en ce début de saison. Ils passeraient presque pour des joueurs lambdas qui n’y arrivent plus. Tour à tour, ils sont tombés, d’abord Murray qui a chuté face à la surprise du tournoi Albert Ramos-Vinolas en huitième de finale suivi de la défaite de Novak Djokovic face à l’excellent David Goffin en quart de finale. Les deux premiers mondiaux reprendront-ils du poil de la bête? Voilà la question que la planète tennis va se poser pour le reste de la saison 2017…

Ramos-Vinolas, la Surprise

Il s’agit sûrement de la surprise de cette édition du tournoi de Monte-Carlo. Ce joueur espagnol de 29 ans signe le meilleur tournoi de toute sa carrière. Il atteint pour la première fois, la finale d’un tournoi master 1000. Durant le tournoi, l’espagnol a multiplié les exploits, en s’offrant, tout d’abord le Graal d’éliminer le numéro un mondial, Andy Murray, en huitième de finale. S’ensuit la victoire, contre le croate Marin Cilic et celle contre le jeune français Lucas Pouille, auteur lui aussi d’un excellent tournoi. Il s’agit d’un joueur offensif proposant son propre style. Jouant tout en décontraction, il ne possède pas le moindre complexe durant ce tournoi, ce qui lui a sûrement permis d’atteindre cette finale. Il ose beaucoup, attaque dès qu’il le peut, il souhaite prendre son adversaire à la gorge, le plus vite possible. Quelque chose nous dit que l’on n’a pas fini d’entendre parler de lui durant cette saison sur terre battue!

Une photo de Ramos Vinolas
Un joueur prometteur pour cette saison sur terre battue. 

Rafael Nadal, comme une évidence

Auteur d’un début de tournoi quelque peu laborieux, l’espagnol a réussi à monter en puissance au fil du tournoi jusqu’à atteindre une onzième finale sur le rocher monégasque. Un parcours peu chaotique pour le Majorquin, puisqu’il n’a perdu qu’un seul set durant le tournoi. Lors de son premier match face au jeune anglais Kyle Edmund. Tour à tour, il va se jouer de ses adversaires de Kyle Edmund à David Goffin en demi-finale en passant par Alexander Zverev (qui ne fût que l’ombre de lui-même et prit une véritable leçon de tennis) et Schwartzman. Il retrouvera Albert Ramos-Vinolas en finale. 

Une finale 100% espagnole pour un troisième affrontement entre les deux hommes. Et pourtant une finale, loin de tenir toutes ses promesses. Dès le début du match, Rafael Nadal montre ses intentions et prend son adversaire à la gorge. Ramos-Vinolas n’arrive pas à mettre son jeu si agressif en place, il n’arrive pas à jouer comme d’habitude et se retrouve trop vite en position de défense. Sûrement un peu de nervosité, il ne réussira pas à sortir la tête de l’eau. L’ogre de la terre battue file vers un dixième sacre à Monte-Carlo. Une finale qui se soldera finalement sur le score de 6-1; 6-3 en faveur du maître des lieux, Rafael Nadal. 

« Ma prochaine étape n’est pas Roland-Garros, mais Barcelone. Roland-garros viendra en temps voulu. »

Il remporte ainsi son 70e titre, son 50e sur terre battue, le 29ème master 1000 de sa carrière et surtout un 10e titre à Monte-Carlo. Record qu’il est le seul à détenir depuis le début de l’ère open. Des statistiques qui font tourner la tête et qui prouvent de manière incontestable qu’il est bel et bien le roi de la terre battue. 

La priorité de l’espagnol n’est pas Roland-Garros comme il le dit en interview « Ma prochaine étape n’est pas Roland-Garros, mais Barcelone. Roland-Garros viendra en temps voulu. » Le but premier de Nadal est de réussir la passe de trois, Monte-Carlo, Barcelone et Roland-Garros. Et ainsi, essayer de faire la « décima » dans les trois tournois. Il envoie un signal fort à ces adversaires et détracteurs, le favori pour Roland-Garros c’est bien lui. 

Rafael Nadal soulevant le trophée de Monte-Carlo
Un jour très particulier dans une carrière déjà bien chargée